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mercredi 14 novembre 2012

13 novembre 2012 : Expulsion de Roumains au 102 Canal St Martin.


Le 13 novembre 2012.



Ce matin, des familles originaires de Roumanie ont
été expulsées de la maison qu'elles occupaient au 102 Canal Saint Martin
à Rennes.





https://mail-attachment.googleusercontent.com/attachment/?ui=2&ik=564ebdcc30&view=att&th=13afb9745eeda9c1&attid=0.1&disp=inline&safe=1&zw&saduie=AG9B_P_A-XRl6606NZI3ugF_d5X_&sadet=1352929787745&sads=q2nEtRoA2QW9v8F8-4p4iF1M9i0



Représentants de la préfecture, huissiers, et pas mal de policiers pour mener à bien l'opération.

La police
nationale surveillait les dangereuses familles rassemblant leurs
affaires, et empêchait les quelques militants, voisins et journalistes
présents de s'approcher.

Leurs collègues de la Police Aux Frontières
ont contrôlé les personnes expulsées.

La police municipale était là aussi,
représentant une mairie socialiste décidée à raser une bonne partie des
maisons du secteur pour son projet d'aménagement des Prairies Saint-Martin.



La société Théaud était aussi de la partie, pour
emporter les matelas et l'électroménager dans un camion-benne. Que penser d'ailleurs de ces entreprises qui
arrondissent leur chiffre d'affaire en confisquant et en détruisant des
objets appartenant aux pauvres et aux étrangers ?



La préfecture
aurait demandé au 115 d'accorder trois nuits d'hébergement aux personnes
présentes. Pour le moment, impossible de savoir où ce sera, si les
familles seront séparées, ni ce qu'elles sont sensées devenir après ces
trois nuits. Pas non plus de solution pour les habitants absents au
moment de l'opération policière. Pas d'endroit pour stocker les affaires
qui leur restent, qu'ils trimballent au bout de la rue dans un caddie.
Ils ont aussi deux chiens, dont on imagine qu'ils ne seront pas les
bienvenus au foyer ou à l'hôtel.







https://mail-attachment.googleusercontent.com/attachment/?ui=2&ik=564ebdcc30&view=att&th=13afb9745eeda9c1&attid=0.2&disp=inline&safe=1&zw&saduie=AG9B_P_A-XRl6606NZI3ugF_d5X_&sadet=1352930201703&sads=fCfSACAgwSdtkjgW73Wx59l_28g



Avec des militants du DAL et
quelques voisins solidaires, ils essaient de réfléchir à des solutions.
Le temps qu'une interprète arrive, les enfants et les jeunes qui parlent
plus le français parce qu'ils sont scolarisés font la traduction.
Certains font dans l'ironie, l'un d'eux dit au revoir aux policiers avec
un sourire et des gestes exagérés. Une fille de 16 ans explique qu'elle
n'a pas pu s'inscrire au collège, qui n'est plus obligé de l'accueillir
à son âge. De toute façon, aujourd'hui personne n'a été à l'école quand
ils ont su qu'ils allaient être expulsés.





https://mail-attachment.googleusercontent.com/attachment/?ui=2&ik=564ebdcc30&view=att&th=13afb9745eeda9c1&attid=0.3&disp=inline&safe=1&zw&saduie=AG9B_P_A-XRl6606NZI3ugF_d5X_&sadet=1352930251545&sads=xiKb7jlUERs-iJ2qk4Vfix6u06Q



Une maison voisine devrait subir le même sort dans l'après-midi. Ses habitants commencent à rassembler leurs affaires.



Edit du 14 novembre 2012:


Au total ce sont 3 logements vidés de leurs occupants à Rennes hier.

Une trentaine de personnes au total dont la moitié de mineurs, certains scolarisés dans des établissements rennais.

Alors que la préfecture avait promis 3 nuits d'hôtel à quelques
familles roumaines, le gérant les a jetés dehors ce
matin. Nous avons rappelé la préfecture qui nous a assuré que l'hôtel était
réservé pour 3 nuits, mais ce soir, à l'hôtel, on a refusé de
les recevoir.

Ils ont rejoint la réquisition de Pacé et se préparent donc à vivre une nouvelle expulsion. 




[Reportages de militants du DAL35 et du Collectif de Soutien aux Sans Papiers]


lundi 29 octobre 2012

Rassemblement de ce début d'après-midi à l'initiative du Capush.



Hébergement d'urgence : "nous sommes hors-la-loi"










Une cinquantaine de personnes se sont réunies ce lundi à l’initiative du Collectif des Acteurs et professionnels de l’Urgence Sociale et de l’Hébergement (CAPUSH 35) face à la Préfecture. Ils protestaient contre l’insuffisance du dispositif d’hébergement d’urgence prévu par l’Etat.



"Mortelles". Avec l'arrivée du froid, le collectif CAPUSH 35 n'a plus le temps de mâcher ses mots pour décrire les conditions des personnes à la rue. A son initiative, une cinquantaine de personnes se sont réunies ce lundi devant la préfecture d'Ille-et-Vilaine pour exprimer leurs craintes concernant la situation des sans-abris. Dès jeudi, le lancement du plan hivernal devrait augmenter les capacités d'hébergement d'urgence dans le département : au 171 places pérennes s'ajouteront, jusqu'en mars, 68 places provisoires. Pas assez pour le CAPUSH 35 et pour l'association droit au logement (DAL). 





Une "urgence totale"


Le DAL35 mentionne une "urgence totale" et fait part de sa "très grande inquiétude" face à la pénurie de logements et d'hébergements d'urgence. Les personnes sans logement évoquent une difficulté chronique pour obtenir leur mise à l’abri. Appeler tous les jours le 115 pour ne pas dormir dehors est devenu le quotidien pour certains, comme Nassih, 63 ans et sans-abri. "Ca fait deux mois que je vais à droite à gauche. Trois jours ici, trois jours là. J’ai laissé mes affaires partout. C’est ça, ou je dors dehors".


D'autant qu'une fois trouvé, l’hébergement n’est souvent que provisoire. A défaut de disponibilités, les travailleurs sociaux se voient contraints d’effectuer une rotation des hébergements. Malgré ce que prescrit la loi – un droit à la mise à l’abri en attente d’une structure adaptée – la durée d’hébergement ne peut excéder quelques jours. Steve, travailleur social et membre du CAPUSH déplore : "Nous sommes hors-la-loi en disant aux gens qu’ils ne peuvent plus rester au bout de quelques jours. Mais nous ne pouvons pas faire autrement." Le phénomène est accentué par l'explosion de la demande en Ille-et-Vilaine : en un an, les appels au 115 ont augmenté de plus de 34%.


 


Regonfler les budgets


Le DAL continue de soutenir les propositions de réquisition de logements vacants pour répondre à l'urgence. Pour CAPUSH, cependant, les besoins sont plus larges. En cause, les dotations de l’Etat qui diminuent chaque année. "Avec 35% de réduction des budgets c’est toute l’aide sociale qui est touchée. Il faut se donner les moyens d’assurer un réel accompagnement pour ces personnes démunies, pour qui la mise à disposition d’un logement n’est pas nécessairement la première urgence", estime Steve, membre du collectif.


Le plan hivernal se résume à un "pansement sur une jambe de bois" pour le CAPUSH. Pour résoudre la situation de manière durable, estime le collectif, la mise en place d’une politique forte soutenant l’aide sociale serait indispensable. "L’Etat ne doit pas se déresponsabiliser", argue le CAPUSH 35. Mécontents des "effets d'annonce" et attendant un "vrai changement", le collectif estime que les 50 millions d'euros débloqués pour l'hébergement d'urgence par la ministre du Logement, Cécile Duflot, ne produiraient pas d'effets sensibles. "Les dotations iront principalement en région parisienne. L'Ille-et-Vilaine ne récupérerait que 550 000 euros dont une grosse partie servirait à l'évacuation du squat de Pacé...".


Auteur : Sarah Mansoura

, Le Mensuel de Rennes, Article original ici.


jeudi 25 octobre 2012

Article Ouest-France d'aujourd'hui - Des collégiens migrants menacés d'expulsion.




Au collège des Hautes-Ourmes, où sont scolarisés quatre jeunes migrants résidant au squat de Pacé, la menace d'une expulsion prochaine du squat inquiète les professeurs.

Témoignage



Géorgien, Mongolien, Tchétchènes, ces quatre adolescents sont scolarisés depuis quelques mois au collège des Hautes-Ourmes, au Blosne. Ils ont entre 12 et 14 ans.



Avec leurs parents, frères et soeurs, ils habitent au squat de la résidence du Parc, à Pacé. « Mais nous sommes très inquiets, face aux menaces d'expulsion de ce squat, s'indigne Yann Bourhis, professeur de mathématiques. Que vont-ils devenir ? Seront-ils à la rue, alors que l'hiver arrive ? »



Une inquiétude d'autant plus grande que, ces dernières années, d'autres élèves du collège ont subi ce même sort. « Il y a déjà eu l'expulsion d'un gros squat en novembre 2010 », rappelle Armelle Bounya, militante du Dal 35 (Droit au logement).



« On accueille ces jeunes, ils s'adaptent bien, s'intègrent auprès des autres élèves, apprennent le français et un beau jour, on ne les voit plus », témoigne Jessica Gaines, professeur de la Cla, une classe d'accueil pour jeunes nouvellement arrivés en France et ne maîtrisant pas la langue. « Mes élèves n'aiment pas dire qu'ils habitent au squat, ils me disent qu'ils viennent de Pacé. Je sais bien ce que cela veut dire ! »



Après ? Le 115...



Pacé, c'est la résidence du Parc, une maison de retraite désaffectée, squattée depuis mai dernier par 250 migrants et pour laquelle le juge a accordé, en juin dernier, un délai de quatre mois avant expulsion. Un délai qui expire le 15 novembre.



Après ? « Cela risque d'être le 115, le Samu social », redoute Armelle Bounya.Une situation d'autant plus difficile que, le nombre de places à Rennes « étant inférieur au nombre de personnes à la rue, ils peuvent être envoyés à Vitré ou Fougères, pour des périodes de trois jours », poursuit Armelle Bounya.



Des solutions d'urgence et provisoires, entraînant des frais de déplacements « à la charge du Samu social, et autant de jours pendant lesquels les adolescents sont déscolarisés ».



Contactée, la préfecture indique qu'« à l'heure actuelle », elle ne peut « répondre aux questions relatives au squat de Pacé, dans la mesure où le Préfet n'a pas été saisi par huissier d'une demande de recours à la force publique pour une éventuelle expulsion qui, de toute façon, ne pourrait intervenir qu'après le 15 novembre, suite à une décision de justice ».



Pour l'un des collégiens et sa famille, venant d'obtenir le statut de réfugiés, la prochaine étape sera l'obtention d'un logement, « on espère que cela pourra se faire rapidement, avant l'expulsion du squat ». Mais pour d'autres dont les parents viennent de déposer un dossier de demande d'asile, l'hiver risque d'être compliqué.



« Qu'importe leur situation, cela fait mal au coeur, c'est tellement dur d'avoir des enfants à la rue, c'est une catastrophe ! martèle Yann Bourhis. Ce qui nous inquiète, c'est l'inhumanité de cette mesure d'expulsion. »








Brigitte SAVERAT-GUILLARD, Ouest-France

jeudi 11 octobre 2012

Communiqué DAL35, RESF35 : deux dates à retenir !



Depuis
la rentrée, la situation des migrants est de plus en plus alarmante sur
le plan du logement. Malgré les 400 personnes hébergées dans des
réquisitions du DAL 35, le 115 ne peut répondre à toutes les demandes et
chaque soir de nombreuses personnes sont laissées à la rue.


Plusieurs
expulsions sont prévues dans les prochaines semaines, qui
vont rendre la situation humainement inacceptable. Surtout quand
arrivera l'expulsion de la réquisition de Pacé où 250 personnes
attendent avec angoisse de savoir quel va être leur sort au début de
l'hiver.





Les migrants ont besoin de tous les soutiens pour obtenir les conditions
d'hébergement décentes auxquelles ils ont droit. Venez réclamer avec
eux :


un toit c'est un droit


pas d'expulsion sans relogement.





Les migrants vous demandent de les rejoindre dans deux actions :





  •  



    le
    mercredi 17 octobre, à 10 h devant la mairie de Rennes ou à partir de
    12 h devant la préfecture de
    Beauregard selon vos disponibilités.






  • le
    samedi 20 octobre à partir de midi à la réquisition de Pacé
    , pour une
    journée de soutien organisée par RESF, autour d'un pique-nique,
    d'animations musicales, de quelques spécialités que les migrants auront
    plaisir à partager.


                                                                            DAL 35, Resf  35











samedi 31 décembre 2011

Bataille de l'eau, le Dal35 contraint la Ville de Rennes à lever son interdiction de remettre en service l'eau sur deux réquisitions !











Vendredi 30 décembre, des militants du Dal35 et une partie des occupants des deux réquisitions situées rue Poirier Nivet, soit une trentaine de personnes, ont occupé la Mairie de quartier de Maurepas, dans le but d'obtenir l'alimentation en eau des habitations.

Depuis deux mois, malgré les interpellations et les différents courriers adressés aux élus de la Ville de Rennes et à Véolia, la situation demeurait inexplicablement bloquée. Les différents intervenants se rejetant mutuellement la responsabilité de refuser le raccordement.



Durant 4 heures, élus et responsables de la Mairie de quartier ou de la Ville de Rennes sont restés aux abonnés absents. Puis vers 14h00 la venue de l'adjointe au Maire, Marie-Anne Chapdelaine, était annoncée.

A son arrivée celle-ci a déclaré aux occupants et devant la presse que la Mairie de Rennes ne s'opposait nullement aux raccordements en eau des bâtiments, qu'il s'agissait essentiellement d'un conflit entre une entreprise privée et des individus et qu'en aucun cas la Ville de Rennes ne devait ou ne pouvait interférer.



Un argumentaire immédiatement rejeté par le Dal35 puisqu'aux précédentes demandes adressées à Véolia le refus de branchement avait toujours été notifié au Dal35 par un élu ou un responsable des services de la Ville de Rennes.

Dans l'action le Dal35 a renouvelé une demande d'abonnement à Véolia par téléphone mais en actionnant le haut-parleur. Véolia Rennes a confirmé devant tous qu'aucune demande ne pouvait aboutir sans le consentement de la Mairie de Rennes concernant ces deux réquisitions.



De fait il fallait comprendre des déclarations de l'adjointe que la Ville de Rennes ne s'opposait plus au raccordement puisque après la démonstration en live apportée par le Dal35, l'élue s'est retirée dans un bureau pour s'entretenir avec Véolia mais aussi probablement avec sa hiérarchie.

A sa sortie celle-ci a donné au Dal35 le sésame. Un numéro de téléphone qui une fois composé nous a indiqué que nous étions attendus pour souscrire un abonnement et que l'eau serait rétablie dans la soirée.



Deux heures plus tard un technicien s'activait et vers 18h30 l'eau était en service dans les habitations.



Le Dal35 déplore qu'il ait fallu plus de deux mois pour que le droit à l'accès à l'eau soit respecté par la Ville de Rennes mais se félicite de la jurisprudence créée. Ainsi il ne sera plus nécessaire de démontrer qui est le véritable responsable en cas de refus de raccordement en eau d'une réquisition.



Une demande similaire d'accès à l'eau est en cours pour 2 des 3 réquisitions de la rue de Chateaugiron. Nul ne doute que là aussi la Ville de Rennes va retirer son opposition !






 Liens Presse :

Rennes TV.fr

Le Télégramme.com

Ouest-France.fr

France Bleu Armorique




vendredi 16 décembre 2011

En 2010, en Ille & Vilaine, 60% des demandes ont été insatisfaites pour "absence de places disponibles" !!!

Voir Rapport de l'observatoire du 115  et baromètre nov. 2011  sur le site de la FNARS 
En 2010, en Ille & Vilaine, 60% des demandes ont été insatisfaites pour "absence de places disponibles" !!!







Demandes de places
2009-2010 2010-2011 D
 35    21 264    26 457    + 24 %

Pas de quoi nous faire un "pataquès" pour la publication des chiffres puisqu'ils sont officiellement communiqués par l'Observatoire du 115 !!!
 

samedi 26 novembre 2011

Les enfants étrangers sont des enfants avant d'être des étrangers...

Le 20 novembre est la journée mondiale de défense et de promotion des droits de l'enfant. Elle marque le 22e anniversaire de la CIDE (Convention Internationale des Droits de l'Enfant), adoptée par l'Assemblée Générale des Nations Unies en 1989 et ratifiée par la France en 1990. 




En 1989, la CIDE a soulevé de grands espoirs et des promesses ont été faites aux enfants du monde. 22 ans plus tard, il reste beaucoup à faire pour que cette protection soit effective et on constate, notamment en France, une régression de certains droits fondamentaux.



La pauvreté en est la principale cause, elle touche 2 millions d’enfants avec ses conséquences désastreuses sur la scolarité, l’accès à la santé et au logement.

La politique d'immigration menée au bulldozer par le gouvernement a largement contribué à accentuer ce phénomène.  

La ville de Rennes n'est pas épargné et les premières victimes sont les enfants étrangers Le nombre de mineurs étrangers privés de liberté en raison de leur situation administrative - ou de celle de leurs parents - ne cesse d’augmenter.

 

22 enfants, âgés de 6 mois à 17 ans, ont été enfermés au Centre de Rétention Administrative de Rennes/Saint Jacques depuis le 29/07/11.

  

Des enfants, nés pour certains d’entre eux en France et scolarisés, sont arrêtés brutalement, leurs parents menottés, rudoyés, humiliés sous leurs yeux.



Placés en rétention, ils subissent les espoirs et déceptions que soulèvent les décisions de justice. Libérés, ils se retrouvent à la rue avec leurs parents.  



45 enfants, âgés de 2 mois à 15 ans, seraient condamnés à l'errance s'ils n'étaient pas actuellement hébergés avec leurs parents dans 11 squats du DAL 35 sur Rennes Métropole dans des conditions très précaires.  

 

Depuis plusieurs années, la Ville de Rennes participe à la célébration de la CIDE en organisant des manifestations autour des droits de l'enfant. Les partenaires locaux ont choisi cette année d'illustrer l'article 31 de la CIDE, qui met en avant le droit au repos, aux loisirs,

"de participer librement à la vie culturelle et artistique dans des conditions d’égalité."
Comme tous les droits de l'enfant , ce droit doit être respecté. Mais pendant que des enfants seront accueillis avec chaleur à l'Opéra de Rennes le 25 novembre, d'autres resteront dans la rue, suspendus au 115 dans l'espoir d'un toit pour la nuit... 
"de se livrer au jeu et à des activités récréatives propres à son âge" 
Est-ce à cet article que nous devons l'espace famille du CRA de Rennes avec son jeu à bascule solidement arrimé au béton dans l'enceinte grillagée réservée aux enfants et surveillée par des hommes armés ?


Dans ce contexte local et national, il est important de rappeler que les enfants étrangers sont des enfants avant d'être des étrangers et que l'intérêt supérieur de l'enfant doit primer sur toute autre considération.



Cimade35, Resf35, Mrap35, FSU35, Sud-Education35, Dal35 ont diffusé le tract à l'entrée de la manifestation



samedi 29 octobre 2011

Rennes, Plan hivernal d'urgence. Info ou intox ?


200 à 250 personnes, majoritairement des personnes à la rue, mais aussi travailleurs sociaux et militants associatifs ont répondu à l'appel de la CNAPUS (Coordination Nationale des Professionnels de l’Urgence Sociale).



Un rassemblement de deux heures devant les portes, exceptionnellement fermées avec rideau de fer baissé , de la DDCSPP (Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations) pour dénoncer l'insuffisance des moyens mis en place pour répondre à l'urgence sociale en Ille-et-Vilaine.

Tandis qu'à l'intérieur du bâtiment se tenait une réunion des différents responsables de service, pompeusement nommée "comité de pilotage" et ayant pour objet la mise en place du Plan hivernal d'urgence.


Ce dernier sera mis en place progressivement à partir de lundi prochain jusqu'au 31 mars 2012.


Une annonce ou un effet d'annonce ?


Soit 68 places supplémentaires annoncées, un nombre identique à l'année précédente, qui par ailleurs s'était avéré largement insuffisant.

Mis en place progressivement, ce plan ne répond donc pas à l'urgence sociale qui sous-entend  une réactivité immédiate. 


68 places dont on ne sait rien en nombre de nuitées réelles. On comprend qu'au plus fort de l'hiver elles seront effectives mais il est impossible de déterminer quelle en sera la moyenne durant les 5 mois de la période hivernale. 15, 20 ou 30 ?


La préfecture annonce une augmentation de 25% consacrée à un dispositif complémentaire de nuits d'hôtel. Une annonce tout aussi indéchiffrable que la précédente.

Rappelons que les nuits d’hôtels ne donnent pas un logement, que la formule est onéreuse, distribue des deniers publics à des intérêts privés, parfois marchands de sommeil, que la préfecture a récemment supprimé un nombre considérable de places de ce type, etc.

Enfin la préfecture annonce d'autres dispositifs complémentaires en cours de finalisation et cite pour exemple le plan COORUS et l’accueil de jour. 

La mise en place du plan COORUS a près d'un an de retard et l’accueil de jour ne remplacera pas un foyer pérenne...


La préfecture pour finir déclare dans un article de Ouest-France  que ce dossier est particulièrement important pour les services de l’État. Elle ne dit surtout pas en quoi.

S'agit-il de satisfaire aux exigences de la loi, de répondre aux besoins ou d'organiser une rotation de la misère et de préserver son image ? 

La réalité est que la  préfecture n'a toujours pas répondu à la demande de rendez-vous de la Coordination Régionale un Toit pour Tous.


Pour répondre précisément à l'urgence sociale, il serait temps que le préfet réquisitionne les nombreux biens immobiliers vides appartenant à l’État ou aux collectivités locales sur Rennes-Métropole ! 


Liens Médias :



mercredi 26 octobre 2011

Statistiques du 115 : juillet, août, septembre et 1ère quinzaine d'octobre.



Appelez le 115 : 3 fois sur 4 vous resterez à la rue !



Date                   Nombre d'appels             % de réponses négatives

                                               

Juillet 2011      2979 :  96 appels / jour       556 / 1499 : 72,77 %



Août   2011       3469 : 112 appels / jour     678 / 1977 : 74,41 % 

 

Sept.  2011       3739 : 125 appels / jour      687 / 2188 : 75,81 %



1 au 18 Oct.      2334 : 130 appels / jour      443 / 1499 : 74,55 %





Quelques exemples du nombre de places indisponibles :




 Date Hommes seuls Femmes seules Familles/enfants Couples  Total   

        

25/07       23                   9                          27           10          69



01/08       15                   2                          22            6           47



08/08       16                   9                          46                     77



16/08       14                   3                          39            4           60



22/08       18                  14                         44            8           86



29/08       15                   8                          37            8           72



05/09       17                   4                          74           10        105



12/09       14                   8                          65            6           93



19/09       22                   8                          78           16        127    

26/09       12                 12                          81           12        120



03/10       19                 14                          52           10        101



10/10       21                   4                          60             8          93



17/10       13                   6                          72             4          98

 




mardi 25 octobre 2011

La Coordination Nationale des Professionnels de l’Urgence Sociale (CNAPUS) appelle à un rassemblement. Soutenons-les !



Dans la continuité  du mouvement national du 2 août 2011, une Coordination Nationale des Professionnels de l’Urgence Sociale (CNAPUS) a été créée. Un mouvement départemental s’est réuni à Rennes où était présent une partie des professionnels de l’urgence, représentant 7 associations et 12 services.




Un échange a eu lieu autour des difficultés de mise à l’abri pour le 115 ; depuis juillet 2011, 3 demandes d’hébergements sur 4 ont reçu une réponse négative ; d’où l’inquiétude des professionnels de l’urgence sociale qui demandent le respect des deux articles du code de l’action sociale arrêtant les principes d’inconditionnalité, d’immédiateté et de continuité de l’hébergement : 
  


Article 345-2-2 : “Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique et sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence. Cet hébergement d'urgence doit lui permettre, dans des conditions d'accueil conformes à la dignité de la personne humaine, de bénéficier de prestations assurant le gîte, le couvert et l'hygiène, une première évaluation médicale, psychique et sociale, réalisée au sein de la structure d'hébergement ou, par convention, par des professionnels ou des organismes extérieurs et d'être orientée vers tout professionnel ou toute structure susceptibles de lui apporter l'aide justifiée par son état, notamment un centre d'hébergement et de réinsertion sociale, un hébergement de stabilisation, une pension de famille, un logement-foyer, un établissement pour personnes âgées dépendantes, un lit halte soins santé ou un service hospitalier.”  



Article 345-2-3 : “Toute personne accueillie dans une structure d'hébergement d'urgence doit pouvoir y bénéficier d'un accompagnement personnalisé et y demeurer, dès lors qu'elle le souhaite, jusqu'à ce qu'une orientation lui soit proposée. Cette orientation est effectuée vers une structure d'hébergement stable ou de soins, ou vers un logement, adaptés à sa situation.”  



Le jeudi 27 octobre 2011 à 10h30, une rencontre est organisée entre les directions des associations de l’urgence sociale et les pouvoirs publics. Les professionnels se réuniront devant la DDCSPP et appellent les bénéficiaires des différents services à être présents, le jeudi 27 octobre 2011 à 10h15 afin de montrer leur mécontentement et signifier qu’ils mettent en place une veille. 

jeudi 20 octobre 2011

CDAS de Fougères: Défense de l'identité professionnelle!



CDAS de Fougères:
Défense de l'identité professionnelle!



Depuis plusieurs mois, les professionnels du CDAS de Fougères font part de leurs difficultés à exercer leurs missions. Des familles déboutées de leur demande d'asile et mises à la rue les rencontrent dans le cadre d'un accompagnement social et médical. Mais ces agents ont pu recevoir ces derniers temps des consignes orales, contraires à la Loi et/ou à leur éthique, mettant en jeu leur responsabilité:
  • difficultés pour obtenir un accord de la hiérarchie à son plus haut niveau pour le versement d'aides financières au titre de l'Aide Sociale à l'Enfance pour les frais d'hébergement,

  • négociations quotidiennes, au regard des consignes de ne pas rechercher de solutions durables et d'avoir recours en priorité au 115,

  • consignes de ne recevoir que brièvement ces familles pour leur signifier qu'en aucun cas le CDAS ne peut financer leur hébergement, de ne pas les recevoir au-delà des heures d'ouverture du CDAS, quitte à interrompre un entretien et les raccompagner hors des locaux, etc.

  • devoir faire face à l'état de besoin des familles, supporter la responsabilité de la dégradation de-l'état de santé des enfants- et de contribuer à leur insécurité, sans être en mesure de les accompagner comme tout usager en situation régulière.
Aujourd'hui, les collègues ne supportent plus ces conditions de travail, ces injonctions

contraires à leur éthique et de participer à la violence institutionnelle infligées à ces familles !
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      Préavis de grève
      Lundi 7 novembre 2011
    - Pour l'application des textes en matière de prévention et dans le registre de la protection de l'enfance (CASF, Convention internationale des droits de l'enfant), et non la restriction appliquée à ces familles
    - Pour permettre des solutions appropriées qui n'ajoutent plus de déstabilisation pour les familles et répondant à l'intérêt de l'enfant ;
    - Contre d'éventuelles orientations sur des « solutions » de type Accueil Provisoire ou signalement dès lors que les parents ne sont pas responsables de ces situations
    - Pour exiger une note administrative des services du Conseil général indiquant clairement les directives et, le cas échéant, les motifs précis de refus.

mercredi 3 août 2011

Grève du 115 de l'Ille-et-Vilaine, 2 Août 2011





 Les professionnels du 115 étaient en grève dans de nombreuses villes de France.





À Rennes un rassemblement, soutenu par le Dal35, a eu lieu devant les bureaux de la Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations.

Il s'agit d'une mobilisation dont le caractère inédit souligne l'ampleur de la crise que connait actuellement l'urgence sociale.

Les baisses drastiques de budget annoncées condamnent les associations de l'Urgence Sociale des départements à remettre à la rue des centaines de personnes.





" Toute personne sans abri en situation
de détresse médicale, psychique 
et sociale a accès, à tout moment,
à un dispositif d'hébergement d'urgence"
Art L 345-2-2 Code de l'action sociale et des familles.




Le 115 d'Ille-et-Vilaine où déjà plus de 50% des appels n'aboutissent pas, en raison du manque de personnel et de crédits, est particulièrement touché.
Le 115 d' Ille-et-Vilaine laisse à la rue chaque soir des dizaines de personnes, hommes et femmes isolés, familles avec enfants, faute de places disponibles sur le dispositif de l'hébergement d'urgence.


Quelques chiffres :


ABSENCE DE PLACES DISPONIBLES DU 25 JUILLET AU 31 JUILLET 2011


Lundi 25 juillet :    69 personnes sans hébergement.
                            20 hommes seuls, 9 femmes seules, 5 couples sans enfant, 7 familles ( 24 personnes, 13 enfants)


Mardi 26 juillet :    45 personnes sans hébergement
                             9 hommes seuls, 6 femmes seules, 2 couples sans enfant, 5 familles (19 personnes, 10 enfants)


Mercredi 27 juillet : 68 personnes sans hébergement
                              24 hommes seuls, 5 femmes seules, 3 couples sans enfant, 9 familles (27 personnes)


Jeudi 28 juillet :       58 personnes sans hébergement
                              6 hommes seuls, 5 femmes seules, 3 couples sans enfant, 10 familles (34 personnes, 17 enfants)


Vendredi 29 juillet :  43 personnes sans hébergement
                               15 hommes seuls, 4 femmes seules, 2 couples sans enfant, familles (20 personnes)


Samedi 30 juillet :    21 personnes sans hébergement


Dimanche 31 juillet : 23 personnes


Au delà de ces chiffres le Dal35 rappelle que quelques 200 personnes vivent sur 5 réquisitions et un terrain de camping ......










lundi 1 août 2011

Les travailleurs sociaux du 115 seront en grève

Les travailleurs sociaux du 115 seront en grève partout en France, demain mardi 2 août pour protester contre la baisse drastique des crédits du 115 et plus généralement de son fonctionnement et des conditions de travail de ses salariés.
Ils se rassembleront demain à 10h à Rennes devant la direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations.
Directement concerné par la gestion du 115 et ses conséquences sur les populations à la rue, le DAL35 appelle à soutenir les salariés en grève du 115 et se joindra au rassemblement devant la DDCSPP.
Venez nombreux nous rejoindre!

mercredi 9 mars 2011

Témoignage d'une militante du Dal35.



Les visiteurs des réquisitions nous demandent souvent :
- Mais où étaient tous ces gens avant l'ouverture de la réquisition du DAL ? Dans la rue ?
- Les hommes seuls étaient  parfois au 115, souvent à la rue. Les familles, pendant la période hivernale, avaient presque chaque soir une place au 115.


- Mais alors, pourquoi viennent-ils dans ce bâtiment glacial, sans électricité, sans eau chaude, sans douches ? Ne sont-ils pas mieux au 115 ?


- Parce que la vie au 115 est épuisante, très angoissante, déstabilisante...Vivre au 115, c'est appeler dès 9 h le lundi matin. Pour souvent s'entendre dire : "c'est trop tôt, nous n'avons pas encore commencé les répartitions. Rappelez plus tard." Rappeler à 10 h, sans réussir à avoir la ligne: " toutes les lignes de votre correspondant sont occupées, rappelez ultérieurement." Et à 11 h : " c'est trop tard, rappelez à 17 h." Tout cela si vous comprenez quelques mots de français. Sinon il faut trouver quelqu'un pour appeler pour vous. Il est vrai que très vite vous aurez le vocabulaire de base : "désolé pas de place, 3 nuits à Fougères, rappelez plus tard..."
Si vous avez obtenu une place, le plus souvent pour 3 nuits, dans un centre à l'extérieur de Rennes, il vous faut traverser la ville pour aller chercher un bon de transport puis attendre l'heure du départ. Vous adapter à un nouveau centre d'hébergement, à une organisation et un règlement différent. Dans certains centres, il faut quitter les lieux le matin à 9 heures et revenir à 18 h 30. Que ferez-vous en plein hiver toute la journée dans les rues de Vitré où vous ne connaissez personne ? Aller passer la journée à Rennes ? Si vous voulez, mais à vos frais, vous n'aurez un bon de transport que le dernier jour de votre séjour. Et si vous avez une convocation à la préfecture, un rendez-vous chez le médecin, chez votre avocat, aux restos du cœur ? C'est la même chose : pas de bon de transport.
Le jeudi matin, il vous faut refaire vos bagages, revenir à Rennes et tout recommencer : rappeler le 115 le cœur battant : aurez-vous une place ? A Rennes peut-être cette fois ? Retourner chercher un bon de transport, passer retirer votre courrier à la Croix -Rouge, peut-être passer chez les amis où vous avez laissé une partie de vos bagages, chercher un endroit pour manger, et repartir.


- Quels sont leurs revenus ?


Si vous êtes un nouvel arrivant, vous n'avez pas un sou en poche. Quand vous vous êtres présentés à la préfecture, vous n'avez pas pu entrer, on vous a donné un rendez-vous plus de deux mois plus tard. Ce jour-là, si tout va bien, vous pourrez retirer votre dossier de demande d'asile, vous aurez trois semaines pour le remplir, puis vous attendrez un mois pour recevoir la confirmation de votre enregistrement à l'OFPRA. Alors seulement, alors que vous êtes en France depuis presque 4 mois, vous pourrez enfin percevoir l'ATA ( Allocation Temporaire d'Attente versée par Pôle Emploi) 10,90 € par jour et par adulte.


- Cette vie peut durer combien de temps ?


Plusieurs mois. Une fois que la demande d'asile est enregistrée, vous avez droit à un logement un CADA. Mais actuellement le système est engorgé. La PADA ( plate-forme d'accueil des demandeurs d'asile ) affiche pour le mois de janvier 822 personnes en attente pour 22 places disponibles. L'attente peut durer encore des mois.


- Et les enfants ? 


Eh bien ils vous accompagneront dans cette vie d'errance. Ils déménageront tous les 3 jours en portant leur sac, ne rencontreront jamais d'enfants français, vous accompagneront dans toutes vos démarches, passeront des heures désœuvrés au centre d'hébergement ou dans une salle d'attente, partageront votre angoisse de ne pas avoir de place... Ils voudraient bien aller à l'école, mais comment faire ? Si vous avez eu la chance de rencontrer un militant d'une association, ils ont sans doute été inscrits dans une école rennaise. Mais si vous partez à Fougères, comment ferez-vous ? Madame B raconte : " Mes enfants ont 10 et 11 ans, je tiens à ce qu'ils fréquentent l'école régulièrement.  Quand nous allons à Fougères, nous avons 1 h 15 de transport jusqu'à Rennes puis le métro. Nous prenons le car de 6 h 45. Les enfants rejoignent leur école, et moi j'erre toute la journée dans les rues de Rennes. Et le soir à nouveau 1 h 15 de trajet. Nous dépensons 19 € par jour pour le car ! Et les enfants sont épuisés !". Madame B est arrivée en France en novembre, en mars elle n'a toujours pas d'hébergement stable.




Alors, si on vous dit qu'il y a une place pour vous dans une réquisition du Dal, peut-être choisirez-vous de poser vos bagages; retrouver chaque soir la même  chambre, les mêmes voisins; vous rendre à vos rendez-vous sans angoisse; envoyer vos enfants à l'école sans les réveiller à 5 h le matin; aménager votre espace, même petit, à votre façon; sortir les photos de votre famille; acquérir progressivement quelques objets personnels... Et tant pis s'il fait froid, s'il n'y a pas de douche ! La chaleur de la solidarité les remplace généreusement.


                                                Une militante du DAL35

mardi 12 octobre 2010

L'accueil des migrnats à Rennes

Sur la porte du foyer Guy Houist , une affiche :
De nombreuses personnes viennent dormir au foyer en raison de l'insuffisance de places au 115.
Pour des raisons de sécurité, nous ne pouvons accepter cette occupation.
Il n'y aura aucune exception, nous appellerons systématiquement la police.

dimanche 22 août 2010

Comment la mairie de Rennes reçoit les demandeurs d'asile le mercredi matin

Ce mercredi plus d'une cinquantaine de demandeurs d'asile en quête d'un hébergement étaient réunis place de la mairie.



Depuis un an ce rendez-vous hebdomadaire, mis en place par le Dal35, a pour but d'interpeller la Mairie de Rennes et la préfecture d'Ille-et-Vilaine afin d'obtenir quelques places supplémentaires dans le dispositif restreint de l'accueil des migrants de ce département.



Tout au moins pour les familles avec enfants, les femmes enceintes ou les personnes malades, dites prioritaires, car depuis longtemps plus personne dans les services concernés ne juge utile de s'intéresser vraiment aux couples sans enfants ou aux célibataires tant actuellement ce dispositif d'accueil est reconnu comme insuffisant.



Ce qui indirectement induit à considérer comme logique ou inévitable pour ces derniers de devoir survivre et vivre à la rue. Mais là n'est pas notre propos. Bien que nous nous ne cessions de dénoncer cette commodité pour diviser par deux le problème des sans-abri.



Tant et si bien que malgré nous, au fil du temps, le Dal35 a dû se plier aux désidérata municipaux qui consistent pour l'élu(e) de permanence à ne recevoir que les personnes considérées comme prioritaires. Toutefois, et la police veille à l'entrée pour qu'il n'en soit pas autrement, l'élu(e) n'accepte qu'une famille et la présence d'un militant du Dal35 à la fois.



Rappelons que depuis un an en vain nous demandons une salle pour être reçus et un élu de référence qui puisse efficacement suivre les dossiers....



C'est ainsi que ce matin nous n'avons pu présenter qu'une seule famille alors qu'elles étaient plusieurs en quête d'un hébergement à attendre.



Faute de temps, faute d'empressement à résoudre les problèmes, faute de préparation en amont à nous recevoir alors que notre rendez-vous est hebdomadaire, faute de volonté politique, faute d'engagement humanitaire, faute d'une décision collégiale et municipale de ne pas vouloir passer outre ou déplaire à une politique préfectorale qui elle-même répond à une politique nationale....



Une seule famille a donc été accueillie ce mercredi matin. L'élu a décroché son téléphone pour appeler le 115, bien que la famille l'ait déjà fait. Le 115 a répondu de s'adresser directement à la préfecture. L'élu n'a pas insisté. L'entretien était terminé. La famille restera à la rue.



Alors recevoir une autre famille aurait servi à quoi ? Le temps ne le permettait pas mais dans le cas contraire aurait-on rejoué le même scénario indéfiniment ?



Certes le Dal35 établit la liste de toutes les personnes. Celle-ci est par la suite communiquée par fax à la préfecture par les services municipaux comme chaque semaine depuis un an. Un simple courrier qui restera sans effet.



Chaque semaine il en va ainsi. Au mieux deux ou trois familles sont reçues. Chaque élu rencontré proteste de son intérêt pour les gens à la rue, invoque ses actions (qui doivent rester secrètes) en faveur des plus démunis (j'ai déjà mes pauvres!), témoigne de son activisme en prenant pour exemple quelques rassemblements devant le CRA et finit par avouer son impuissance et parfois son incompétence. Ensuite, il expédie la famille reçue de façon plus ou moins expéditive : RDV l'après midi (sans solution), promesse de rappeler (rarement tenue) ou tout simplement un mariage à célébrer quand ce n'est pas l'heure de déjeuner. Ils affirment faire le maximum. Nous ne sommes pas de cet avis. Quelques coups de fils et un fax ne peuvent suffire.


Le Dal35 attend toujours que la ville de Rennes fasse officiellement une demande de réquisition au préfet, que des élus protestent vivement contre cette politique inhumaine tant au conseil municipal qu'en préfecture.

dimanche 17 janvier 2010

Quand le SAO et le 115 offrent un hébergement....

Une journée ordinaire....



Mercredi 14 janvier 2010 une trentaine de personnes étaient présentes à l'ouverture des portes du SAO à 14h00. Deux employés seulement géraient l'accueil des migrants.



Des travaux ont été réalisés. Une cloison et une porte remplacent la barricade de fortune mais le fonctionnement est le même. Les migrants se pressent derrière et attendent que cette dernière s'entrouvre dans l'espoir de parvenir à être reçus. Les consignes sont données uniquement en français. Les primo arrivants sont prioritaires. Pour les suivants, aucun moyen ne détermine l'ordre de passage, ils s'agglutinent donc et demeurent debout au plus près de la porte.....



Le portail extérieur est fermé à clef avant 15h00.



Une nouvelle venue, un femme isolée, enceinte de 8 mois, visiblement épuisée s'avance. Elle obtient un hébergement dit d'urgence à l'Hôtel Dieu mais ne peut s'y rendre avant 20h00. Il est 14h30....



Pour une famille avec un nourrisson de 5 semaines, bien qu'interpellés depuis le matin par l'élue de permanence de la ville de Rennes, les services du SAO ne s'engageront que pour une seule nuit à l'auberge de jeunesse. Ordre étant mentionné de ne pas s'y rendre avant 17h30.....



Deux couples dont l'hébergement en hôtel n'était encore prévu que pour une ou deux nuits n'ont pu avoir l'assurance que celui-ci serait prolongé.



Les services compétents en matière d'hébergement s'acquittent donc de leurs tâches comme il nous est indiqué régulièrement mais les propositions sont toujours éphémères. Les démarches doivent être sans cesse renouvelées, parfois quotidiennement. Ceci entrave le bon fonctionnement des services, exaspère le personnel et les demandeurs d'asile  mais qu'importe l'honneur préfectoral est sauf....





Certains couples, parfois avec enfants, vivent depuis plusieurs mois en hôtel. Dorment plus exactement, puisque d'une manière générale, interdiction leur est faite d'y être durant la journée quelles que soient les conditions météorologiques.



Contacté, un gérant de ce type d'hôtel accueillant des migrants indique que le SAO impose cette limitation d'horaire. Sans scrupule il précisera que ces modalités lui conviennent car elles obligent les personnes concernées à faire la distinction entre hébergement et lieu de vie....



Il est donc convenu et relayé que les demandeurs d'asiles ne peuvent prétendre aux mêmes droits que tout autre client séjournant en hôtel.....



Le SAO réaffirme ne plus gérer l'hébergement des migrants au-delà de leur première présentation dans leurs services. Par la suite il est conseillé de s'adresser au 115. Contacté le matin par l'élue de permanence le 115 indiquait ne plus avoir de place à proposer et donc de s'adresser au SAO.....



Le plan grand froid s'achève prochainement. Janvier, février, mars, pour la préfecture sont administrativement des mois d'été..... Le nombre de places, déjà largement insuffisant, sera réduit. Vivre et dormir à la rue sera de nouveau considéré comme possible et acceptable...



Le directeur du SAO juge lui aussi, les rassemblements hebdomadaires du mercredi place de la mairie, organisé par le Dal35, regroupant des sans abri réclamant un toit, comme improductifs. Rendre visible ou démontrer que l'offre d'hébergement est aléatoire, insatisfaisante ou inadaptée aux besoins réels, semble l'atteindre personnellement. Nos dénonciations ne sont pas adressées au SAO en tant que tel mais stigmatisent un manque de moyens évidents. Affirmer; faire ce qu'il est possible en fonction des moyens acquis, du mieux que l'on peut, n'y change rien.

Il en va de même pour le 115.



Nous reconnaissons que parmi les élus municipaux de la ville de Rennes rencontrés, une lente prise de conscience s'opère. Néanmoins quelles aient pu être leurs démarches entreprises ou écrits formulés auprès de la préfecture, l'accueil, ou ce qui se prétend l'être, des migrants est dans ce département, misérable, dévastateur et incompatible avec le respect des droits fondamentaux, propre à toute démocratie.



Dénoncer clairement la condamnation de la préfecture concernant le refus par celle-ci d'appliquer les lois relatives à l'accueil des demandeurs d'asile ne peut être considéré comme suffisant. Les rappels à l'ordre durant les derniers mois  n'ont permis aucune amélioration notable...



Le Dal35 renouvelle sa demande de soutien aux des élus, syndicats, associations, partis politiques et individus.

samedi 9 janvier 2010

Dysfonctionnements du SAO, la réaction de Jean-Louis Tourenne

 



LePrésident



Préfecture d'Ille-et-Vilaine
Monsieur Michel Cadot
Préfet d'Ille-et-Vilaine
3, Avenue de la Préfecture
35 000 Rennes
Rennes, 07 janvier 2010



Monsieur le préfet,



A plusieurs reprises, j'ai eu l'occasion d'être saisi sur le traitement dont sont l'objet les demandeurs d'asile. J'ai pu moi-même m'en rendre compte en accompagnant, il y a quelques mois des demandeurs.



Je suis aujourd'hui alerté sur les conditions de réception des personnes dont il m'est précisé qu'elles sont accueillies dans une amplitude horaire de 15 minutes par jour. Aussi, avez-vous pu constater les longues files d'attente qui se forment devant les grilles de la préfecture et les bousculades qui s'en suivent à l'ouverture des bureaux.



Dans certains cas, cette situations place les demandeurs dans des situations ingérables : plus d'accès aux restaurants sociaux, plus de titres de transports....



Je sais, pour avoir à connaître les difficultés de traitements des dossiers à la MDPH- dont la charge nous a été transféré par l'Etat sans moyen- que ces situations de tension sont bien réelles.



Attaché comme moi, à la qualité d'un accueil respectueux des personnes, et notamment des plus fragiles, je ne doute pas que vous pourrez m'apporter des informations rassurantes sur le traitement administratif des personnes immigrées qui sont dépendantes des moyens mis en oeuvre par les services de l'Etat.



Veuillez croire, Monsieur le préfet, en l'expression de ma plus haute considération.



Jean-Louis Tourenne
Hôtel du Département- 1, avenue de la préfecture- CS 24218- 35042 Rennes Cedex Tél. 02 99 02 35 35 - http://www.ille-et-vilaine.fr/

mercredi 6 janvier 2010

SAO, service d'accueil et d'orientation

Les services préfectoraux du SAO disjonctent !



Il est de notoriété publique que les services du SAO sont en grande difficulté. L'étroitesse des locaux, le manque de personnel, l'insuffisance des heures d'ouverture au public et le nombre croissant de demandeurs d'asile devant s'y rendre en raison de la régionalisation, ne permettent que rarement un accueil de qualité en temps normal.



 Le mardi 5 janvier 2010, jour de grand froid avec des températures avoisinant le zéro, l'accueil réservé aux migrants a été particulièrement odieux. Depuis des mois, chaque jour, une heure avant l'ouverture des portes du SAO, se presse aux grilles extérieures une foule considérable de demandeurs d'asile dont de nombreux sans abri qui attendent dans le froid et sous la pluie. Mais depuis plusieurs semaine les heures d'ouverture au public ont été réduites à 15 minutes seulement par jours !



Ainsi assiste t-on à des scènes d'une rare violence. Dès l'instant où les portes s'entrouvrent, cette foule, comprenant aussi des femmes enceintes et des enfants en bas-âge, se rue dans une course effrénée vers le hall d'accueil où une autre barrière faite de bric et de broc, de bancs empilés et d'objets divers les parque à nouveau. Là, dans cette atmosphère oppressante où chaque parole devient un cri, ils doivent attendre et espérer que quelqu'un peut-être les recevra, sinon revenir le lendemain.



Ceci en temps ordinaire, car ce mardi, d'une fenêtre du premier étage du bâtiment, il leur a été aboyé qu'on refuserait de les recevoir et qu'ils n'avaient rien à faire là ! Parmi les personnes présentes, certaines attendaient le renouvellement du coupon leur permettant d'accéder au restaurant social, aux aides du Secours catholique, etc... D'autres étaient venus pour obtenir des titres de transport pour se rendre à une convocation de l'Ofpra...



Désorganisation des services, malveillance ou dérapage, quoi que cela soit, il est inadmissible que cela puisse durer.



D'autant plus que les flops se généralisent. En cette fin d'année le service a purement et simplement fermé ! Des problèmes informatiques se rajoutant au reste, certaines personnes logées dans des hôtels, formule que nous condamnons, n'ont pas vu leur nuitées renouvelées et se sont retrouvées à la rue.

Ce mercredi matin, une famille avec un nourrisson de trois semaines, sans hébergement, avait un rendez-vous, pris de longue date, au SAO mais les portes sont restées closes...



La liste est longue et plus infernale qu'elle n'y paraît. Cette forme d'acharnement et de déshumanisation s'amplifie au fil du temps. Nous demandons expressément à la préfecture, d'intervenir d'urgence auprès des services compétents pour que cesse immédiatement ces scandales à répétition, intolérables dans un pays de droit.