lundi 20 mars 2017

Vendredi 24 mars 20h30 les jardins de la poterie concert
Votre participation permettra de participer aux charges (eau, electricité, chauffage)

mardi 7 mars 2017

L'actualité des Jardins de la Poterie

Le squat a accueilli vendredi 3 mars la chanteuse Angie Goma pour un nouveau concert de soutien aux migrants des Jardins de la Poterie. 



Samedi 4 mars, la manifestation mensuelle, soutenue par une trentaine d'organisations rennaises pour le droit des migrants. La manifestation devait se terminer  vers 17 h devant l'hôtel Pasteur, où débutait parallèlement la lecture marathon de l'Encyclopédie des migrants.


Nous apprenions alors qu'un groupuscule d'une quinzaine d'individus d'extrême droite se revendiquant du GUD s'était rassemblé à République et manifestait son intention d'en découdre avec notre rassemblement :


La décision fut alors prise de raccompagner les migrants, en cortège, jusqu'à une autre station de métro.
Certes, la police a contenu le « rassemblement » place de la République et a escorté notre cortège jusqu'au métro mais nous apprenions, quelques dizaines de minutes plus tard, que les fascistes étaient ensuite allés défiler en toute impunité dans le centre-ville puis s'étaient attaqués à un groupe de marginaux place Sainte Anne.

Ce samedi soir 4 mars se déroulaient à Rennes deux événements simultanés de solidarité avec les migrants : un concert au bar le « Papier Timbré » et la lecture de l'Encyclopédie des migrants à Pasteur. Face aux risques et à l'absence manifeste de réaction des forces de l'ordre, une chaîne de solidarité et de surveillance se mettait immédiatement en place dans le centre et autour des bâtiments abritant des migrants.

Un contexte délétère 

Dans la nuit du 27 au 28 janvier, entre minuit et 2 h du matin, à l'occasion du match Rennes-Nantes, un groupe de néo-nazis avait déjà fait quelques « percées » à République et au Colombier et répandu la panique rue de St Malo, allant jusqu'à poursuivre les gens dans les commerces et blessant plusieurs personnes. Malgré plusieurs dizaines d'appels aux forces de l'ordre, celles-ci n'étaient pas intervenues (une pétition des commerçants en direction des autorités locales, face à leur silence, avait d'ailleurs été rédigée par la suite).

Tandis qu'à Nantes, le samedi 4 mars, 4 participants à la manifestation contre l'extrême droite étaient interpellés, dont certains pour « attroupement avec visages dissimilés », à Rennes, au même moment, les néo-nazis (pourtant eux aussi casqués et masqués pour quelques-uns d'entre eux !) pouvaient, après un rapide contrôle d'identité, repartir en toute tranquillité manifester et attaquer des gens dans le centre-ville !
Nous le savons, depuis plusieurs mois, le centre-ville de Rennes est systématiquement interdit aux manifestations : ainsi, par exemple, la manifestation prévue le 8 mars pour les droits des femmes a-t-elle été interdite ! Que ce soit pour des rassemblements à revendication sociale ou contre les violences policières, la répression s'est également régulièrement abattue sur les manifestants. Par contre, il semblerait que l'extrême droite, elle, ait tous les droits !
Cette situation est totalement inadmissible ! Les démocrates se verront-ils désormais contraints d'assurer eux-mêmes leur propre sécurité ?

Le droit de manifester fait partie des libertés fondamentales et les organisations démocratiques doivent pouvoir le retrouver (y compris dans le centre-ville). 

L'incitation à la haine est un délit. 
Elle doit être sanctionnée et la population doit être protégée.

lundi 6 mars 2017

Préparation du départ 17 juillet 2017: nous recherchons....

APPEL POUR LES JARDINS DE LA POTERIE
Le squat ouvert en juin dernier par des migrants à la rue, dans l'ancienne maison de retraite des Jardins de la Poterie, a été légalisé en décembre dernier, permettant aux résidents (dont 50 % d'enfants) d'avoir immédiatement le chauffage et d'y séjourner demanière tout à fait officielle. Des conventions ont été signées avec la ville de Rennes et la Fondation Abbé Pierre pour la prise en charge des frais (eau, électricité, chauffage),permettant aux résidents (qui apportent également leur contribution, dans la mesure deleurs faibles revenus) d'avoir un moment de respiration. L'objectif est bien sûr d'en sortir par le haut avec des régularisations et un relogement à terme : pour faire entendre nos exigences aux autorités (c'est à dire, en fait, le simple respect de la loi), chaque mois, une trentaine d'organisations appelle à manifester. Toutefois, la convention d'occupation signée avec le propriétaire prévoit un départ le 17 juillet à 10 h : tout matériel restant dans le lieu serait déposé en garde-meuble… à la charge de l'association « Un toit c'est un droit » qui accompagne les résidents ! Il nous faut donc anticiper dès maintenant.

Préparation du départ
•Nous cherchons des lieux de stockage (garages, granges, etc)
• Nous souhaitons organiser un parrainage matériel : une famille française veillant soit à l'écoulement du matériel d'une famille migrante (Bon Coin, Donnons.org, etc), soit offrant une possibilité de stockage des affaires personnelles.
Un ou deux vide-maisons seront organisés sur place (ce qui permettra aux gens de gagner un peu d'argent) : les dates seront communiquées ultérieurement, vraisemblablement toute fin juin et/ou début juillet. • Nous aurons également besoin de beaucoup de main d’œuvre, camionnettes, voitures entre le 7 et le 17 juillet pour assurer le transport du matériel. Nous comptons donc beaucoup sur la mobilisation des Rennais, comme ça a été le cas durant toute cette année aux Jardins.

N'hésitez pas à faire circuler le présent appel et à nous signaler vos disponibilités sur le mail de l'association.

 Et, en attendant, n'oubliez pas que la saison culturelle continue à la Poterie ! Vous trouverez la programmation des concerts sur le site de l'association « Un toit c'est un droit » : http://untoitundroit35.blogspot.fr/

vendredi 24 février 2017

Mal-logés, sans-papiers... SOLIDARITE : Concert de soutien à UTUD




A l'heure du repli identitaire en Europe ou ailleurs et de la montée de l'extrême-droite la plus
décomplexée, nous devons montrer notre solidarité envers les personnes migrantes qui viennent chercher un avenir meilleur chez nous, n'en déplaise à ces théoriciens paranoïaques du "grand remplacement" et ces prédicateurs du choc des civilisations.
Et non, ces gens fuyant la guerre, la misère, les persécutions ne sont pas illégaux. La France, soit disant pays des droits de l'homme, La France, terre d'Asile ne joue pas son rôle. l’État fuit ses responsabilités, abandonnant aux militant-es, aux associations comme UTUD _Un Toit c'est Un Droit_et à leurs bénévoles, le soin d'accueillir, héberger, orienter de nombreux demandeurs d'asile,réfugié-es et mineur-es isolé-es.

A Rennes, 160 personnes dont 70 enfants ont trouvé refuge dans un squat dans le quartier de la Poterie. Plusieurs mobilisations ont permis notamment de payer le chauffage, pour que ces familles puissent vivre plus dignement. Cette mise à l'abri est temporaire et il est urgent qu'elles obtiennent des papiers et des logements décents et pérennes.

Il est aussi lamentable que des centaines de personnes vivent dans la rue à Rennes, alors que de nombreux logements sont vacants, assujettis entre autres, à la spéculation immobilière.

Modestement, la CNT35 souhaite participer à cette solidarité et organise un concert de soutien à l'association UTUD, le 4 mars au Papier Timbré, avec La Dernière Mesure (Hip-Hop de Paname) 

Pour découvrir La Dernière Mesure :

https://ladernieremesure.bandcamp.com/album/gu-rilla-fant-me-2

mercredi 15 février 2017

Le programme des prochains séminaires de l'EHESP autour de santé / migration



http://www.ehesp.fr/campus/agenda/les-seminaires-du-mardi/

Les prochains séminaires du mardi (13h à 14h) sur autour 
de la thématique santé/migration auront lieu : 

21 mars : Nathalie Simonnot, directrice adjointe du réseau international de médecins du monde "Etats de santé des personnes accueillies dans les centres de santé de Médecins du monde et partenaires."

4 avril : Daria Rostirolla, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Ehess « Santé mentale des migrants : enjeux de l’ interprétariat »

25 avril : Clélia Gasquet, enseignante-chercheure, département Sciences humaines et sociales, EHESP. "Grossesse et migration : l’accès aux soins en question"

9 mai : Céline Gabarro, Unité de Recherche Migrations et Société (Urmis), "Accès aux soins des étrangers en situation irrégulière"

Tous ces séminaires sont ouverts au public. 

L’Encyclopédie des migrants : Remise officielle et marathon de lecture à Rennes – 4 et 5 mars 2017


Après 3 années de travail qui ont mobilisé plus de 700 personnes, L’Encyclopédie des migrants voit enfin le jour ! Les villes de Brest, Rennes, Nantes, Gijón, Porto, Lisbonne, Cadix et Gibraltar accueillent un exemplaire imprimé de L'Encyclopédie qui réunit 400 témoignages de personnes migrantes. 

À Rennes, la remise officielle aux représentants de la ville aura lieu le samedi 4 mars à 11h30 au Triangle, en présence de Nathalie Appéré, maire de Rennes, et de membres de l’équipe du projet.

 
Remise officielle 
le samedi 4 mars 2017 à 11h30
Le Triangle, boulevard de Yougoslavie, 35200 Rennes


La remise officielle de ce livre imposant – 1782 pages, 3 volumes grand format, reliure artisanale, lettrage d’or – sera suivie d’un marathon de lecture, auquel participera une équipe de plus de cent lecteurs volontaires, à L’Hôtel Pasteur, avec l’ambition de lire les témoignages de A à Z en 24 heures.

Marathon de lecture 
du samedi 4 mars 
• 18 h — au dimanche 5 mars 2017 • 18 h
L'Hôtel Pasteur, 2 place Pasteur, 35000 Rennes
Manifestations gratuites ouvertes à tous
 
Pour être bénévole et/ou lecteur, contactez Claire Bizien : administration@agedelatortue.org ou 09 50 18 51 65

dimanche 29 janvier 2017

Ça bouge autour du squat ! (4)

La "saison culturelle" du squat de la Poterie se poursuit...

"Quand le jazz est là, la déprime s'en va..."


Le dimanche 22 janvier, les 7 musiciens de Tutti Combo sont venus partager leur répertoire de jazz, variétés et quelques compositions. 

Le mercredi 25 janvier, 3e manifestation de soutien avec les occupants du squat
 pour qu'ils obtiennent des papiers et des relogements ! 



Et le prochain spectacle à ne pas manquer !



mardi 17 janvier 2017

Ça bouge autour du squat ! (3)

De l'émômtion, du rêve et beaucoup de plaisir au concert jeune public de Marion Rouxin !


Dimanche 8 janvier s'est déroulé aux Jardins de la Poterie le concert jeune public de Marion : un vrai délice (« Miam, miam, miam ! ») pour les petits et les grands (aussi !). Salle comble comme d'habitude et beaucoup de dons pour aider les résidents à payer le « loyer » de ce qui n'est désormais plus un squat (il va falloir s'habituer à changer de vocabulaire !).

Prochains spectacles programmés 
  • dimanche 22/01 à 17 h : Tutti Combo


Ce groupe de 7 musiciens interpréteront des standards de jazz, de variétés, et quelques compositions.

  • samedi 4/02 à 20 h 30 : Double casquette Swing
  • vendredi 3/03 à 20 h 30 : Fest-Noz Christophe Grandjean 


samedi 31 décembre 2016

Pour l'application du droit à l'hébergement et à l'inconditionnalité de l'accueil

Source Cimade - 22 décembre 2016

http://www.lacimade.org/publication/pour-lapplication-du-droit-a-lhebergement-et-a-linconditionnalite-de-laccueil/

La loi française prévoit que « toute personne sans abri a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence. Toute personne accueillie dans une structure d’hébergement d’urgence doit pouvoir y demeurer jusqu’à ce qu’une orientation lui soit proposée. »
Pourtant, lors des permanences de la Cimade en Bretagne-Pays de Loire, nous rencontrons de nombreuses personnes étrangères qui se retrouvent à la rue ou en situation de mal logement. Ces personnes sont en détresse sociale et doivent bénéficier, elles aussi, de la loi française.


 carte-hebergement-da-bretagne-pays-de-loire


La loi française prévoit que « toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence. Toute personne accueillie dans une structure d’hébergement d’urgence doit pouvoir y bénéficier d’un accompagnement personnalisé et y demeurer, dès lors qu’elle le souhaite, jusqu’à ce qu’une orientation lui soit proposée. Cette orientation est effectuée vers une structure d’hébergement stable ou de soins, ou vers un logement, adaptés à sa situation. » (article L.345-2-2 du Code de l’Action Sociale et des Familles)
Pourtant, lors des permanences de la Cimade en Bretagne-Pays de Loire, nous rencontrons de nombreuses personnes étrangères (demandeurs d’asile, mineurs isolés étrangers, déboutés de l’asile, étrangers malades….) qui se retrouvent à la rue ou en situation de mal logement (rue, squat, abri de fortune, hébergement chez des tiers…). Ces personnes sont en détresse sociale et doivent bénéficier, elles aussi, de la loi française.

ÊTRE DEMANDEUR D’ASILE ET DORMIR À LA RUE


Les services de l’État ont fait de réels efforts ces dernières années en ouvrant de nouvelles places dans les centres d’accueil pour les demandeurs d’asile (CADA) ; néanmoins, celles-ci restent nettement insuffisantes. En effet, dans toutes les villes de la région, des demandeurs d’asile dorment encore à la rue (dans le Morbihan ou au Mans par exemples) ou dans des squats (à Nantes, Rennes et Brest). Ils n’ont toujours pas accès à un hébergement et à des conditions d’accueil dignes, au mépris de la législation française[1] et européenne[2].
Faute de places suffisantes, des critères de vulnérabilité ont été introduits. Mais un hébergement doit être proposé à l’ensemble des demandeurs d’asile, et pas uniquement aux personnes vulnérables. Or, en ne permettant pas à tout demandeur d’asile d’accéder à un CADA, les services de l’État créent une réelle inégalité dans l’accompagnement proposé.

SORTIR D’UN CADA SANS SOLUTION D’HÉBERGEMENT


La loi prévoit que dès que les personnes sont déboutées de leur demande d’asile, elles doivent quitter leur hébergement en CADA (lorsqu’elles ont eu la chance d’en obtenir un) dans un délai d’un mois.
Dans un contexte de durcissement légal pour les personnes déboutées de l’asile, le ministère de l’Intérieur a invité les préfets dans une note du 6 mai 2016 à mettre en œuvre la procédure du référé mesures utiles[3] pour la sortie des déboutés, en vue de désengorger le dispositif national d’accueil des demandeurs d’asile. La note précise que les dispositions du code des procédures civiles d’exécution ne s’appliquent pas dans ces circonstances (et notamment la « trêve hivernale »).
Depuis septembre 2016, on a vu les premières procédures d’expulsion accélérée des CADA en Vendée et en Loire-Atlantique. Mais, alors que la loi le prévoit, aucune solution alternative d’hébergement n’est proposée aux personnes concernées.
Concernant les familles déboutées avec des enfants mineurs, même si ce sont les services de l’État qui ont la responsabilité principale de les héberger (article L.345-2 du CASF), dans l’ensemble des départements de la région, les services de l’Aide Sociale à l’Enfance ne prennent même pas la peine de répondre aux demandes et n’assument ainsi pas leur responsabilité supplétive au titre de la protection de l’enfance. En agissant ainsi, ils portent une atteinte grave à l’intérêt supérieur de l’enfant
Enfin, certaines préfectures semblent donner des consignes au 115 pour que les personnes déboutées du droit d’asile ne puissent pas accéder à l’hébergement d’urgence, ce qui constitue une atteinte grave au principe d’inconditionnalité de l’accueil.
La gestion de la pénurie des places d’urgence ne doit se faire ni au détriment des personnes étrangères en situation administrative précaire, ni au détriment d’aucune autre population concernée. La Cimade Bretagne-Pays de Loire rappelle que toute personne en situation de précarité, y compris étrangère en situation irrégulière, a des droits auxquels elle doit pouvoir accéder : hébergement, aide alimentaire, soins, scolarisation.
Les personnes déboutées ne font pas le choix de rester dans des hébergements réservés aux demandeurs d’asile. Elles ne souhaitent simplement pas se retrouver à la rue, dans l’indignité. Si une autre proposition d’hébergement durable leur était proposée, elles partiraient de leur plein gré.

ÊTRE MINEUR ISOLÉ ET DORMIR DANS LA RUE


Dans l’ensemble des villes de la région, des mineurs isolés étrangers errent. Lors de leur arrivée dans un département, les jeunes étrangers isolés sont pris en charge provisoirement pendant cinq jours, le temps d’une « évaluation » de leur minorité par les services départementaux de l’Aide sociale à l’enfance ou une association délégataire. A Nantes, pour cette période, les jeunes sont seuls dans des hôtels. Ensuite, si leur minorité est contestée, ils se retrouvent à la rue : c’est le cas à Brest, où ils ont rejoint des familles de demandeurs d’asile déboutées ou en procédure « Dublin » dans des squats. C’est également le cas à Saint-Brieuc où le milieu associatif se débrouille pour leur trouver des hébergements alternatifs en attendant que les procédures menées par des avocats rétablissent ces jeunes dans leurs droits. C’est aussi le cas à Nantes où les militants ont ouvert des squats « mineurs »…
Le second temps où ces jeunes se retrouvent à la rue est leur arrivée à la majorité : pris en charge par les services départementaux de l’Aide sociale à l’enfance, les démarches pour l’ouverture de droits à leur majorité ne sont pas toujours entamées, loin s’en faut.
La Cimade Bretagne-Pays de Loire, sollicitée parfois en amont, et parfois trop tard, par des travailleurs sociaux démunis, plaide pour une meilleure formation des travailleurs sociaux en charge des mineurs isolés étrangers et des instructions claires dans les services départementaux.
Enfin, les contrats « jeunes majeurs », qui permettent la prise en charge des jeunes afin qu’ils puissent continuer leurs études lorsqu’ils arrivent à la majorité, sont délivrés au compte-goutte. Les autres jeunes sont mis à la rue. Comment suivre des études quand on dort à la rue ?

VIVRE EN SQUAT


À Rennes, le squat de la Poterie est occupé depuis le 14 juin 2016 par 160 migrants de 14 nationalités dont 70 enfants. Les conditions de vie y sont difficiles, notamment par l’absence de chauffage alors que le froid est arrivé.
À Brest, une quarantaine de migrants, dont 15 enfants d’origine roumaine, macédonienne ou albanaise occupaient le squat de Forestou depuis le printemps 2016. Le 20 octobre 2016, ce squat a été évacué laissant des familles à la rue.
À Nantes, plus de 200 migrants se serrent dans différents squats, dont des mineurs isolés. Le 22 novembre 2016, près de 70 personnes qui vivaient dans l’ancien presbytère de Doulon depuis plus de 2 ans ont été expulsées. Parmi elles, des demandeurs d’asile, des réfugiés, des déboutés. Après avoir opéré un « tri » des personnes en fonction de leurs situations administratives, des solutions d’hébergement ont été proposées à la plupart, toutefois sans visibilité sur leur pérennité. Une inquiétude particulière demeure sur la continuité de l’hébergement proposé aux personnes sans titre de séjour.
En squat, les conditions de vie sont très précaires (absence d’eau chaude, de chauffage..), la situation sanitaire est difficile (puces, cafards..), la menace d’une expulsion est quotidienne. Tout cela met en péril la santé, la scolarisation, l’accès aux droits et la sécurité des personnes.
Face aux expulsions de squat sans proposition d’hébergement digne proposée, nous dénonçons un traitement public plus sécuritaire qu’humain qui ne fait qu’aggraver la situation des personnes concernées.
Si ces personnes sont aujourd’hui contraintes de vivre en squat, c’est bien faute de proposition d’hébergement et de logement !

VIVRE HÉBERGÉS CHEZ DES TIERS


Face à la complexité des dispositifs, des critères et des filières de priorité, les personnes sont souvent perdues. Parfois, elles ne sollicitent plus les dispositifs, elles n’appellent plus le 115, découragées de devoir toujours rappeler et par la rareté des réponses positives. Elles se replient alors sur des solutions individuelles : hébergement chez des tiers (amis, famille, compatriotes) ou d’hébergement-citoyen.
En Vendée, le réseau WELCOME a accueilli une soixantaine de personnes depuis sa création en octobre 2015. Si l’entraide-citoyenne existe, elle ne saurait se substituer à l’application de la loi et aux prérogatives de l’État.
Le caractère temporaire de ces solutions d’hébergement et la contrainte que subissent à la fois les personnes hébergées et les hébergeurs maintiennent une réelle précarité.
L’hébergement par des tiers ne peut pas être une variable d’ajustement invisible à la crise de l’offre publique d’hébergement et de logement.
———-
Nous, bénévoles de la Cimade Bretagne Pays-De-Loire, qui voyons chaque jour les conditions d’accueil des personnes migrantes et les principes de l’action sociale bafoués, demandons que toute personne sans hébergement sur le territoire, y compris celles qui ne possèdent pas de titre de séjour, puissent bénéficier d’un hébergement adapté et durable en vertu de l’article L.345-2-2 du Code de l’Action Sociale et des Familles. Ce droit à l’hébergement, dans son effectivité, est bien trop souvent bafoué !
Le dispositif d’hébergement est aujourd’hui sous pression. Il ne permet pas de répondre à toutes les situations de précarité et d’exclusion[4] rencontrées sur le territoire. Ceci n’est pas acceptable.

Aussi nous demandons:

La création de places d’hébergement en CADA
La création de places d’hébergement de droit commun.
Le respect du principe d’inconditionnalité de l’hébergement d’urgence, hissé au rang de liberté fondamentale par le Conseil d’État[5]
L’arrêt des expulsions de CADA sans proposition d’hébergement accompagné digne et durable
L’arrêt des expulsions de squat, sans proposition d’hébergement accompagné digne et durable
Par ailleurs, d’autres solutions pérennes sont possibles. Elles nécessitent un effort de tous les acteurs institutionnels (État et collectivités), détenteurs de locaux et de moyens financiers, en liaison avec les acteurs sociaux. Les moyens existent pour faire reculer la précarité dans notre région, il s’agit de le vouloir.


[1]              Loi du 29 Juillet 2015- Chapitre IV : conditions d’accueil des demandeurs d’asile
[2]              Directive 2013/33/UE du 26 Juin 2013
[3]              article L.744-5 du CESEDA
[4] Le baromètre du 115 de la FNARS indique que le taux de réponses négatives pour absence de places disponibles atteint 77% en juillet 2016.
[5]              Ordonnance du Conseil d’État, 10 février 2012

jeudi 22 décembre 2016

Un joli conte de Noël

La famille Rozé accueille, depuis un mois et demi, dans leur maison de Guichen une Congolaise, demandeuse d'asile. Ils ont été mis en contact par l'association Un Toit c'est Un Droit.



A lire et à écouter :


Ça bouge autour du squat ! (2)

Le samedi 18 décembre, le jazz faisait sa fête au squat de la Poterie avec le groupe Clac'n swing. Comme d'habitude, la salle était pleine : un public attentif… qui n'a pu s'empêcher de quitter sa chaise en fin de concert pour renouer avec la tradition de danse liée au jazz !



Le mercredi 14 décembre, seconde manifestation organisée avec le soutien de 26 organisations pour rappeler aux pouvoirs publics que nous réclamons 

du chauffage, des papiers et des logements pour toutes et tous ! 




Le samedi 17 décembre, une formation de musique baroque s'était invitée au squat de la Poterie. Incongru, surprenant, coquasse, époustouflant ? 


De belles chaussures cirées sous un strict costume noir. Des chaussettes passées dans des tongues. Deux mondes à des années lumière. En apparence.
Qu'est-ce qui fait que les hommes, au-delà de leurs différences, puissent se retrouver ?



Peut-être la volonté de marcher ensemble comme des frères ? Avec peut-être la musique comme chaussures universelles…




À chaque concert, des styles, des tonalités différentes mais toujours un public mélangé et chaleureux.


Un grand merci aux magiciens des sons !



Le samedi 18 décembre, le Père Noël est descendu au squat de la Poterie, et il a été particulièrement généreux. Les yeux des enfants brillaient et cette journée restera longtemps dans leur mémoire. 

Nos vifs remerciements aux équipes de lycéens et d'étudiants qui se sont mobilisés 
pour offrir cette fête aux enfants !  



Le lundi 19 décembre, le chauffage est enfin arrivé au squat !



lundi 12 décembre 2016

Lettre au père Noel reçue d'une militante

2e manifestation de soutien pour le squat de la Poterie

VIVRE SANS PAPIERS, VIVRE SANS LOGEMENT : IMPOSSIBLE ! VIE DE GALÈRE.




 Le 14 juin dernier, des personnes étrangères sans papiers et sans logement trouvaient refuge dans une ancienne maison de retraite désaffectée, dans le quartier de la Poterie. Ces personnes sont soutenues par l’association Un toit c’est un droit.

Aujourd’hui, le lieu abrite 160 personnes,essentiellement des familles.70 enfants y dorment chaque nuit avant de se rendre dans les écoles du quartier!
Ce squat est un symbole de la situation actuelle du logement à  Rennes (et ailleurs). Tous les soirs, d’autres personnes à  la rue viennent au squat pour tenter de trouver un abri. Le 115 (numéro d’hébergement d’urgence) est saturé: il n’y a pas assez de places pour tout le monde.


Le propriétaire des lieux –le Groupe Lamotte 
Constructeur– a porté plainte mais, début août, la Justice a accordé un délai de six mois aux occupants qui, suite à des négociations avec la ville de Rennes, devraient même pouvoir rester jusqu’au 17 juillet 2017.


Depuis plusieurs mois, grâce à l’association Un toit c’est un droit, de nombreuses initiatives ont été mises en place pour soutenir le squat. Des cours, des concerts, des animations, des repas…
De nombreuses autres associations et bien des habitants du quartier multiplient les actes de solidarité. Des lycéens et des étudiants de Rennes se mobilisent.
Malgré cette solidarité, tout n’est pas résolu. Si le squat permet la mise à l’abri temporaire, il n’est en aucun cas une solution pérenne pour ses occupants.

L’obtention de papiers et l’accès à  un logement sont deux conditions urgentes pour que les habitants du squat de la Poterie ne se retrouvent pas à la rue à  la fin de la trêve hivernale. En solidarité avec ces habitants, nous avons donc décidé d’interpeller les pouvoirs publics sous diverses formes et de manifester tous les mois ! Après une première manifestation le 16 novembre qui a rassemblé 350 personnes, nous continuons de demander :


dimanche 27 novembre 2016

Ça bouge autour du squat ! (1)

Initiée par les résidents du squat de la Poterie, accompagnés par l'association « Un toit c'est un droit », la saison culturelle et artistique de solidarité a débuté le 13 novembre par une journée géorgienne : un repas de spécialités à la salle du Landry,







puis un concert de chants polyphoniques à l'église Saint Luc.




Le 18 novembre c'était la musique des Tarafikants qui s'invitait au squat, 



le 25 Marion Rouxin et ses musiciens, 





le 26 le théâtre de l'opprimé avec la Cimade dans le cadre du festival Migrant'scène




Du 21 au 25, l'art mongol recouvrait les murs.



Une solidarité qui fait chaud au cœur…

À chaque initiative, il y a eu salle comble et la joie du partage était au rendez-vous, illustrant cette si belle parole de Baudelaire :

« Étonnants voyageurs ! Quelles nobles histoires
Nous lisons dans vos yeux profonds comme les mers !
Montrez-nous les écrins de vos riches mémoires,
ces bijoux merveilleux, faits d'astres et d'éthers.

Nous voulons voyager sans vapeur et sans voile !
Faites, pour égayer l'ennui de nos prisons,
Passer sur nos esprits, tendus comme une toile,
Vos souvenirs avec leurs cadres d'horizons. »

Un grand merci à tous !

Tout d'abord, merci aux artistes solidaires qui ont accepté de venir jouer gratuitement pour apporter un peu de chaleur à tous, mais aussi permettre aux résidents de réunir les fonds nécessaires à leur contribution volontaire aux frais de gestion du squat (notamment au chauffage... physique, pour le coup !). Merci également aux structures qui nous ont accueillis, à celles qui nous ont prêté le matériel et l'appui technique nécessaires et aux associations qui soutiennent les migrants sans-abri. Merci enfin aux nombreux bénévoles sans qui rien n'aurait été possible et, bien sûr… au public !

Ce n'est qu'un début !

Dimanche 11 décembre : concert de jazz



Samedi 17/12 : concert de Noël 






Et on travaille déjà à la programmation de janvier…

Tous ensemble pour une vie digne et la fraternité entre les hommes…

Non les migrants ne sont pas des consommateurs, oui ils nous apportent beaucoup.
Non, l'association « Un toit c'est un droit » ne refuse pas de mettre la main à la pâte, oui elle a dores et déjà anticipé sur sa contribution à l'effort collectif autour du chauffage.

Agissons ensemble pour un monde de justice, de paix et d'amitié !

Et, si on le fait dans la joie et la bonne humeur… c'est quand même pas mal !

samedi 19 novembre 2016

Ville de Rennes : Halte à la mauvaise foi !

La première manifestation en soutien au squat organisée par 28 collectifs rennais a été un succès.





Migrants, militants, citoyens et riverains ont défilé du squat de la Poterie à la mairie de Rennes pour réclamer du chauffage, des papiers et des logements pour toutes et tous !

Préparée collectivement depuis le mois de septembre, cette manifestation était planifiée bien avant que la mairie de Rennes ne nous impose la signature d’un commodat (prêt à usage) avec le groupe Lamotte pour obtenir le chauffage. Pas de commodat, pas de chauffage ! Une convention serait ensuite signée entre la mairie de Rennes, « Un toit, c’est un droit » ainsi que le secours-catholique, le CCFD et la Fondation Abbé Pierre pour fixer les modalités financières et les engagements pour les solutions de relogement.

Le communiqué de Frédéric Bourcier 


Squat de la Poterie : halte à la désinformation !

Des manifestants ont défilé hier soir, place de l'Hôtel de Ville, pour réclamer du chauffage dans le bâtiment privé squatté par des familles de migrants, dans le quartier de la Poterie.
Ce happening médiatique savamment orchestré, annoncé de longue date, ne saurait duper personne.

Depuis le mois d'octobre dernier, les associations et collectifs qui soutiennent les migrants ont entre les mains une convention, proposée par le propriétaire du bâtiment squatté, pour régulariser jusqu'à l'été prochain la situation d'occupation illégale.

Dans un souci humanitaire et de sécurité, la Ville de Rennes a proposé, en accord avec le propriétaire et si cette convention était signée, de participer avec d'autres partenaires au financement du chauffage du bâtiment.

Alors même que le squat pourrait être chauffé depuis trois semaines déjà, nous sommes toujours dans l'attente d'une réponse.
Les manifestants réunis ce soir seraient-ils plus soucieux de mettre en scène un supposé problème que de le résoudre concrètement dans l'intérêt des familles qu'ils prétendent soutenir ?
Frédéric Bourcier,
adjoint à la Maire de Rennes délégué à la solidarité et à la cohésion sociale



Ville de Rennes : Halte à la mauvaise foi !

En terme de désinformation, il sait de quoi il parle Frédéric Bourcier, nous avons affaire à un expert dans ce communiqué fallacieux !

Afin de mieux comprendre la situation, voici une chronologie des faits :

21 septembre : un courriel est adressé à la Ville de Rennes et à Rennes Métropole pour demander leur participation au financement du chauffage

20 octobre : 1e rencontre avec Frédéric Bourcier pour le chauffage après plusieurs relances. Proposition très floue d'une convention avec le groupe Lamotte pour « légaliser » le squat.

28 octobre : La convention se transforme en commodat (prêt à usage) entre le groupe Lamotte et uniquement « Un toit, c’est un droit »  . Une convention annexe tri-partite (mairie, propriétaire, associations) serait ensuite négociée. Nous recevons une 1e version du commodat.

29 octobre : Réception de la deuxième version du commodat.

Le secours-catholique et le CCFD découvrent  l'existence du commodat et qu'ils en sont signataires sont avoir été préalablement consultés !
Puis silence de la mairie…Monsieur Bourcier s’est envolé pour un voyage privé d'une dizaine de jours sans avoir donné délégation à un de ses collègues. 

8 novembre : Réunion des 4 associations concernées. Les 3 autres partenaires refusent de signer le commodat. « Un toit, c’est un droit » doit donc assumer seule cette responsabilité.

10 novembre : réunion à la mairie des 4 associations à la demande de la Fondation Abbé Pierre. Frédéric Bourcier annonce qu’il a rédigé un projet de convention en 3 phrases…

12 novembre :  Rendez-vous chez le notaire du groupe Lamotte. Il subsiste de nombreuses zones d’ombre à éclaircir dans la rédaction du commodat avant d'envisager la signature. 

15 novembre : réunion au secours-catholique avec les 3 autres partenaires pour commencer à poser les bases de la convention, notamment sur le travail d’accompagnement des migrants pour obtenir des garanties de relogement.

16 novembre : manifestation



17 novembre : communiqué de presse de Frédéric Bourcier (voir ci-dessus)

17 novembre : Nos interrogations sont légitimes puisque une 3e version du commodat largement amendée nous est proposée !

Donc NON Monsieur Bourcier "les manifestants ne sont pas plus soucieux de mettre en scène un supposé problème que de le résoudre concrètement dans l'intérêt des familles qu'ils prétendent soutenir". Ils ne sont pas comme vous dans les logiques électoralistes. Ils refusent juste de signer les yeux fermés un contrat qui engage leur responsabilité sans connaître le contenu de la convention qui l'accompagne. 
Chauffage ou pas, il y aura d'autres "happening médiatique" avant la fermeture de ce squat afin de garantir des solutions de relogement dignes et pérennes pour toutes et tous ! 

Comment continuer à négocier avec un élu qui :

- Prend des engagements pour la signature d’une convention sans consulter les associations concernées,

- Nous accuse de freiner les négociations, alors qu’il s’est absenté pendant 10 jours sans nous en informer malgré une rencontre prévue ,

- Nous met en cause par voie de presse,

- s’était engagé à ne pas communiquer pour l’instant sur le sujet…

Nous refuserons désormais toutes négociations avec Frédéric Bourcier et nous demandons à Madame le Maire de désigner un autre interlocuteur plus fiable, afin qu’un accord soit trouvé à court terme.




mardi 1 novembre 2016

Le programme des animations pour le mois de novembre

Un groupe animation s'est constitué autour du squat de La Poterie. Il rassemble aujourd'hui plus d'une cinquantaine de personnes, parmi lesquelles des voisins, des artistes, des enseignants, etc. 

Son objectif est d'apporter un certain nombre de services aux résidents (accompagnement administratif, soutien scolaire, alphabétisation...), mais également de faire vivre le lieu en favorisant les rencontres avec la population autour de projets culturels et artistiques et en accompagnant les résidents vers l'extérieur pour favoriser leur intégration. 

Les bénéfices de ces animations serviront à contribuer au financement du chauffage dans le squat cet hiver. 

A noter dans vos agendas : 









À Rennes, Migrant’Scène ouvre sa 5e édition sous le signe du vivre ensemble.

Organisée du 22 au 26 novembre 2016, la 5e édition du festival Migrant’Scène invite le public rennais à s’interroger sur la place donnée aux personnes migrantes dans notre société. Migrant.e.s, artistes, intellectuels, citoyen.ne.s et bénévoles prennent la parole pour témoigner d’initiatives allant dans le sens d’un monde tolérant et ouvert. 

C’est autour du thème « Ici et d’ailleurs, ensemble » que Migrant’Scène articule sa programmation 2016. Chaque jour, des actions collectives, enrichies de toutes nos différences, se mettent en place. À contre-courant du discours qui alimente l’hostilité et la peur, le vivre ensemble existe et cette réalité vécue ouvre de nouvelles perspectives. C’est possible, riche de sens et nécessaire. 

Le festival a été pensé et conçu avec les personnes migrantes vivant à Rennes et sa région. Une diversité qui se reflète dans les différents événements proposés : soirée de lancement, spectacle pour le jeune public, conférences participatives, bibliothèque vivante, témoignages, tables rondes, action de rue pour sensibiliser à la rétention administrative, théâtre de l'opprimé et projets artistiques. 

Samedi 26 novembre • 14h. THÉÂTRE DE L'OPPRIMÉ
Le racisme ordinaire, invisibilisé et institutionnel
Squat de La Poterie, 32 square Ludovic Trarieux. Métro : La Poterie

Programme complet (PDF, 300 Ko) sur http://bit.ly/ProgMigrantsceneRennes2016